Qu’est-ce que le chamanisme ?

Le chamanisme est l’une des plus anciennes spiritualités au monde. Il est pratiqué depuis des millénaires un peu partout sur la terre – et encore aujourd’hui dans certaines parties du monde (Asie, Europe du Nord, Amérique du Nord et du Sud, Afrique, Océanie).

Le chamanisme se base sur les croyances de l’animisme pour lequel tout ce qui nous entoure est animé et possède un esprit (ou une âme, une énergie, une conscience, un souffle vital). Comme l’être humain, un arbre, une plante, un animal, tous ont en eux un esprit – de même possède un esprit ce qui à nos yeux semble inanimé tel une pierre, une source, un lac, le soleil, la lune, les étoiles, etc.

Comme toute chose possède un esprit, il est dès lors possible d’entrer en contact avec les esprits de la nature afin de recevoir un conseil, une aide, une direction, une guérison.
De fait, le chamanisme est la mise en rituels et en cérémonies de cette croyance fondamentale issue de l’animisme.

Le but des rituels et cérémonies chamaniques est d’entrer en contact avec les esprits et, grâce à leur aide, de retrouver l’harmonie dans nos vies. Pour le chamanisme, les maladies et tout évènement dramatique de la vie sont interprétés comme une rupture de l’harmonie avec nous-mêmes, avec les autres, avec la nature.

Partant de ce constat, l’objectif principal du chamanisme est de restaurer l’harmonie avec nous-mêmes, avec les autres, et avec la nature. Restaurer l’harmonie est le premier pas vers la guérison de l’âme et du corps. Restaurer l’harmonie, c’est (r)éveiller la vie en nous, c’est retrouver sa singularité et sa place, et permettre à nos dons et compétences de se déployer en nous et autour de nous.

Le chamane

Chacun peut entrer en contact avec les esprits, mais il y a une figure centrale et indispensable à toute cérémonie : un personnage appelé communément chamane (chaque peuple a son propre nom pour désigner cette personne, le terme « chamane » n’est qu’un terme générique désignant tout homme ou femme pratiquant des rituels chamaniques).

Le chamane est issu de la communauté, au service de la communauté, appelé par les esprits, formé par eux et par d’autres chamanes, et installé dans sa fonction à travers une cérémonie de reconnaissance de son statut et de sa mission de chamane.

Pour prendre une image issue de notre société, le (ou la) chamane est comme un médecin de campagne, un médecin de famille que les gens appellent ou viennent consulter lorsqu’il y a un problème particulier (santé, relations, situations problématiques diverses et variées).

De manière générale et schématique, les gens exposent leur situation, le chamane fait ses offrandes aux Esprits, il les invoque, il prend son tambour ou autre instrument de musique traditionnel, ou ingère une plante hallucinogène (en Amérique du Sud), il entre en transe et se rend dans le monde invisible pour y rencontrer les esprits auprès desquels il va s’informer du remède ou des conseils à donner aux personnes venues le consulter.
Cette « consultation chamanique » revêt des formes qui seront différentes selon les régions du monde, mais le schéma reste sensiblement le même, quels que soient le lieu ou les traditions.

Le temple du Donon sous la neige

Le chamanisme a longtemps été considéré par le monde scientifique comme une religion traditionnelle, simpliste, voire arriérée, sans grand intérêt ethnologique.
Ce n’est que dans les années 70 et 80 du siècle dernier que divers anthropologues et ethnologues ont montré l’importance communautaire du chamanisme (santé, cohésion sociale, respect de la nature, écologie).

Néo-chamanisme

Au cours des dernières décennies, le chamanisme est devenu une mode : il existe aujourd’hui des voyages organisés à la rencontre de chamanes (je doute qu’un vrai chamane fasse une cérémonie à des fins touristiques), des formations estampillées « chamaniques », des soins et des produits cosmétiques « chamaniques ». Toute une industrie s’est créée autour du chamanisme avec toutes les dérives inhérentes à une mode spirituelle (faux chamanes, fausses cérémonies, abus financiers, comportements sectaires, etc.).

Cette mouvance chamanique moderne est appelée « néo-chamanisme ». Le néo-chamanisme a mis de côté la plupart des rituels traditionnels (costume spécifique, offrandes, prières, rituels précis et immuables, etc.) pour ne garder que l’aspect « rencontre avec les esprits » ou la partie « bien-être », transformant ainsi une belle pratique spirituelle ancestrale en un simple moyen de développement personnel.

Toute personne intéressée par le chamanisme doit donc être vigilante face à toutes les propositions (livres, stages, formations, consultations) labellisées « chamaniques » que l’on trouve en surfant sur Internet.
Comme en toute chose, il y a du bon (respect profond des principes du chamanisme et des personnes) et du mauvais (utilisation mercantile du chamanisme, ego démesuré, attitude de « guru », exploitation de la fragilité des personnes).

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